🎙️ Dans ce nouvel épisode d’À vous le Micro-Commerce, rencontre Mégane, professeure de Pilates, qui partage sa passion pour un métier où le mouvement devient un véritable outil de bien-être et d’autonomie 🌿✨Au quotidien, Mégane accompagne ses élèves pour les aider à retrouver de la mobilité, à soulager certaines douleurs et à se sentir mieux dans leur corps. Des progrès parfois simples en apparence, mais qui peuvent avoir un véritable impact sur leur vie.
Bienvenue à tous les curieux qui souhaitent découvrir des parcours inspirants d’hommes et de femmes entrepreneurs. Aujourd’hui, le micro est à Mégane, coach et professeure de Pilates. Elle va nous raconter son métier, sa passion et son quotidien. C’est parti !
Bienvenue, Mégane.
Mégane : Merci.
Tu es coach et professeure de Pilates. Est-ce que tu exerces d’autres activités ? À ton tour de te présenter.
Mégane : Je suis uniquement coach et professeure de Pilates, mais c’est déjà vaste ! J’ai 31 ans et j’entame ma sixième année dans ce métier. J’ai obtenu mon diplôme en 2021 : un BPJEPS, avec les deux mentions, cours collectifs et coaching personnel. J’ai ensuite suivi une formation de Pilates, car chaque discipline demande une formation spécifique. Et je suis tombée amoureuse de cette pratique.
Est-ce que Mégane, à 10 ou 14 ans, savait déjà ce qu’elle voulait faire ?
Mégane : Non. À cet âge-là, je voulais être sur scène, attirer l’attention. D’une certaine manière, mon métier répond aussi à cette envie ! En revanche, j’ai toujours su que je voulais bouger. Je n’aurais pas supporté de rester assise derrière un bureau. À l’école, je bougeais tout le temps et mes meilleures notes étaient en sport.
Mégane : J’ai commencé à vivre seule à 19 ans, donc j’ai d’abord exercé un emploi alimentaire. Ensuite, j’ai voulu entrer dans la police. Je cherchais un métier d’action, physique. Le sport a toujours fait partie de ma vie : mes parents m’y ont initiée très jeune. Je n’en faisais pas à haut niveau, mais j’ai toujours eu besoin d’être active.
À quel moment t’es-tu dit que tu voulais en faire ton métier ?
Mégane : J’ai eu un déclic pendant un cours collectif. À l’époque, je faisais beaucoup de musculation. J’avais aussi pratiqué la danse et l’athlétisme. À la salle, je m’entraînais seule, avec mes écouteurs. Un jour, j’ai décidé d’essayer un cours de Zumba, une discipline qui me rappelait la danse.
Mégane : J’étais au dernier rang et je regardais la professeure animer le cours. Je me suis dit : « Je veux être à sa place. » C’est là que tout a commencé. Un an plus tard, je me lançais. J’avais 25 ans.
À ce moment-là, tu travaillais dans la restauration tout en faisant du sport à côté ?
Mégane : Oui. Je m’entraînais cinq fois par semaine.
Ta formation a duré combien de temps ? Et quelles ont été les principales difficultés après l’obtention de ton diplôme ?
Mégane : La formation a duré un an, pendant la période du Covid, ce qui était assez particulier. J’ai eu la chance de faire partie des dernières personnes à bénéficier d’un stage rémunéré. Ma formation se déroulait en alternance et j’ai effectué mon stage chez Club Med Gym. À la fin, ils m’ont embauchée en CDI pour quelques heures.
Mégane : J’ai aussi eu beaucoup de chance pendant ma première année : on m’a repérée dans mes cours et proposé d’autres créneaux, notamment en stretching. Je n’ai donc pas eu à déposer beaucoup de CV. Je sais que ce n’est pas le cas de tous les coachs et que cette première année peut être difficile.
Tu avais mis un pied dans un réseau solide, qui t’a permis de rencontrer beaucoup de monde.
Mégane : Oui, énormément. Dans notre métier, ce sont aussi les adhérents qui décident si un coach leur plaît. C’est grâce à eux que j’ai été repérée et sollicitée ailleurs.
Mégane : Aujourd’hui, je donne beaucoup plus de cours que la première année. Il faut du temps pour se faire connaître, et les réseaux sociaux peuvent aussi aider. Au début, j’enseignais surtout dans de grandes salles, d’abord chez Club Med Gym, puis chez Easy Gym après le rachat. Il pouvait y avoir 30 ou 40 personnes face à moi, avec un micro et un podium.
Mégane : Cette façon d’enseigner crée une certaine distance avec les élèves. Au bout de deux ans, j’ai compris que ce n’était pas ce que je préférais. J’aime connaître les prénoms des gens, leur quotidien, et pouvoir corriger leurs postures. Devant 40 personnes, on intervient sur les points essentiels pour leur sécurité, mais on ne peut pas apporter les mêmes corrections que dans un groupe de dix. J’ai donc voulu me tourner vers les petits cours collectifs.
À ce moment-là, tu étais déjà spécialisée en Pilates ?
Mégane : Oui. Je donnais déjà des cours dans des studios, avec des groupes de huit à dix personnes. La transition s’est faite progressivement.
Tes semaines doivent être très variées, entre les cours collectifs, les séances particulières et les différents lieux où tu enseignes. Cela demande des efforts physiques, mais aussi beaucoup d’adaptabilité.
Mégane : Absolument. On réduit parfois le métier de coach sportif aux muscles et aux abdos, alors qu’il demande bien plus que ça. Je travaille dans sept studios différents au cours d’une même semaine. C’est un choix personnel, mais aussi financier : si une collaboration s’arrête dans un studio, remplacer une ou deux heures est plus simple que d’en remplacer quinze.
Mégane : Ce rythme me correspond. J’ai besoin de bouger, de découvrir des lieux et des personnes différentes. Entre la banlieue parisienne et Paris intra-muros, les publics changent aussi. C’est très intéressant. En revanche, l’organisation est importante. Les cours s’enchaînent, le corps travaille beaucoup et la fatigue nerveuse peut être plus difficile à gérer que la fatigue physique.
Combien de jours de repos t’accordes-tu chaque semaine ?
Mégane : Pendant quatre ans, je n’en avais qu’un. Depuis un an, j’en prends deux.
Tu sens que ça t’a fait du bien ? Tu as trouvé un meilleur équilibre ?
Mégane : Oui, complètement. J’ai maintenant des week-ends libres, alors que j’ai longtemps travaillé le samedi et le dimanche. Dans notre métier, nous sommes disponibles quand les autres ne travaillent pas. Il m’arrive de commencer très tôt, de donner des cours jusqu’à 13 ou 14 heures, puis de reprendre de 18 à 21 heures. Je rentre alors vers 22 heures.
Mégane : Ce rythme ne convient pas à tout le monde, mais il me correspond. Il faut tout de même accepter de travailler en horaires décalés, de manquer parfois des anniversaires et d’avoir une vie différente de celle de ses proches. Cela demande aussi de l’adaptation dans le couple.
Entre deux cours, quand tu as un moment libre, que fais-tu pour récupérer ?
Mégane : Je vais à la salle de sport !
Vraiment ? Je pensais plutôt à de la relaxation !
Mégane : J’ai aussi commencé à faire des siestes l’après-midi, alors que je n’en faisais pas avant. Elles peuvent durer vingt minutes, ou parfois un peu plus. Avec d’autres coachs, on en parle souvent : entre les cours du matin et ceux du soir, on a parfois l’impression de vivre deux journées en une.
La sieste est donc un bon conseil. En as-tu d’autres, notamment concernant l’alimentation ?
Mégane : Notre corps fait aussi partie de notre image professionnelle. Je ne suis pas de régime particulier, mais je fais attention à mon alimentation et à ma récupération.
Je pensais surtout aux apports dont tu as besoin pour garder ton énergie.
Mégane : Contrairement à certains collègues, je ne prends pas de compléments alimentaires. Je mange de manière équilibrée, avec beaucoup de protéines. Le sommeil compte aussi énormément : je dors entre huit et dix heures par nuit. Comme je peux faire cinq à six heures de sport par jour, j’ai également besoin de manger davantage.
Y a-t-il des périodes de l’année plus difficiles que d’autres ?
Mégane : Oui. Quand on travaille à son compte, il faut anticiper les périodes creuses. En août, beaucoup de gens partent et la plupart des studios ferment. Je travaille donc davantage en juin et en juillet. Décembre est également plus calme, avec les fêtes, les vacances et les annulations. La première année, on ne le prévoit pas forcément ; ensuite, on apprend à s’organiser.
L’hiver est-il aussi plus difficile sur le plan de l’énergie ?
Mégane : Il est plus difficile de sortir dans le froid pour aller donner un cours. À l’inverse, les fortes chaleurs peuvent aussi compliquer les choses. En été, certaines personnes préfèrent être dehors plutôt que de s’enfermer dans une salle.
Mégane : Nous sommes une source de motivation pour les élèves. Pendant le Covid, avec les cours sur Zoom, on a vu à quel point le contact avec un professeur et le groupe leur manquait. L’hiver demande parfois un effort supplémentaire, mais une fois qu’on est sorti, ça va !
Il faut peut-être dormir encore plus en hiver : douze heures ! Ton conjoint doit être ravi.
Mégane : Pour lui, je dors déjà tout le temps. Je suis une marmotte !
Et le mental ? Quand on passe ses journées à encourager les autres, comment préserve-t-on sa propre énergie ?
Mégane : Je me nourris beaucoup des échanges avec les autres. Ce qui fatigue, c’est d’être concentrée toute la journée sur une autre personne, sur son corps et souvent sur bien plus que ça. En coaching individuel, les gens se confient. On entre parfois chez eux, on rencontre leurs enfants. Une relation de confiance et une certaine intimité se créent.
Mégane : En Pilates, on aborde aussi des sujets liés au corps, notamment avec les femmes qui reprennent une activité après une grossesse. J’aime écouter mes élèves, mais il arrive que je rentre chez moi avec le besoin de silence et de temps pour moi. Je peux simplement m’allonger sur un tapis confortable, sans musique. Ce n’est pas forcément de la méditation : c’est mon moment de calme.
Mégane : Quand c’est trop, il faut aussi en parler à son entourage. Beaucoup de mes amis sont coachs et mon conjoint a étudié en STAPS. Ils comprennent ce quotidien.
Vous partagez donc certaines difficultés.
Mégane : Oui. Mais il faut aussi garder en tête ce que notre métier nous apporte. Nous aidons les gens à se sentir mieux et, la plupart du temps, nous recevons en retour de la joie et de la gratitude. C’est exigeant, mais on reçoit énormément.
Mégane : Certains élèves reviennent nous voir en disant que leur vie a changé : ils ont moins mal au dos, ils se déplacent plus facilement. Je me suis spécialisée dans l’accompagnement des femmes enceintes et des seniors. Récemment, une grand-mère m’a dit qu’après trois ou quatre mois de Pilates, elle pouvait de nouveau porter sa petite-fille dans ses bras. Ce genre de retour me rappelle pourquoi j’aime mon métier.
Ça me touche particulièrement, car ma mère a mal au dos en ce moment et ne peut pas porter ma fille. J’imagine l’émotion que cette grand-mère t’a transmise.
Mégane : Oui, c’est incroyable. Dans ces moments-là, les petites difficultés du quotidien s’effacent.
Financièrement, as-tu trouvé ton équilibre ? Comment la situation a-t-elle évolué depuis 2021 ?
Mégane : Les cours sont un peu mieux rémunérés qu’à mes débuts : il y a cinq ans, je gagnais environ dix euros de moins par cours. En parallèle, il y a davantage de studios et de coachs. La concurrence a augmenté.
Mégane : Nous sommes payés à l’heure. Le coaching individuel à domicile est généralement mieux rémunéré, parce qu’on se concentre entièrement sur une personne. Pour un cours en studio, la rémunération se situe souvent entre 30 et 40 euros ; certaines disciplines peuvent être payées 50, voire 60 euros.
Mégane : On ne peut toutefois pas enchaîner sept heures de cours par jour, notamment à cause des déplacements. Pour vivre correctement de mon activité, il me faut généralement quatre à cinq cours par jour. Mes revenus varient selon les mois : ils peuvent aller d’environ 2 000 à 3 500 euros.
Tu organises aussi des retraites sportives. J’aimerais que tu nous en parles, ainsi que de tes voyages. Est-ce que ces deux projets sont liés ?
Mégane : J’avais envie de créer des événements avant de partir vivre à Tahiti. Mon rêve serait d’avoir mon propre studio, mais cela demande un investissement financier et beaucoup de temps. Les événements me permettaient de commencer à construire quelque chose autour des élèves qui me suivaient.
Mégane : Je voulais proposer du sport dans la joie et la bonne humeur, dans des lieux atypiques. J’ai organisé un premier séjour avec un groupe d’adhérents que j’accompagnais depuis trois ans. Ça a tout de suite fonctionné. Pendant un séjour, on passe davantage de temps ensemble, on crée des liens et on vit pleinement la dimension bien-être du sport.
Et les séjours suivants ?
Mégane : J’en ai organisé d’autres, de plus en plus importants. Quand le groupe grandit, il faut aussi gérer davantage de choses et faire appel à d’autres personnes, notamment pour l’alimentation. L’événementiel est un métier à part entière. J’adore ça, mais je veux continuer à enseigner, donc je dois trouver le bon équilibre.
Combien de retraites aimerais-tu organiser chaque année ?
Mégane : Deux ou trois, ce serait l’idéal.
Et combien de personnes accueilles-tu actuellement ?
Mégane : Je préfère les petits groupes, autour de dix personnes, parfois moins. J’ai déjà organisé un séjour pour vingt personnes, mais c’était trop pour moi.
Mégane : Mon prochain projet serait un séjour pour les mamans et leurs enfants. La garde des enfants empêche souvent les mères de participer à une retraite. J’aimerais qu’elles puissent venir avec eux : des animatrices s’occuperaient des enfants pendant que les mamans profiteraient d’un temps pour elles.
Nous n’en avons pas encore parlé : les femmes représentent environ 90 % de ta clientèle ?
Mégane : Oui.
Y a-t-il tout de même des hommes dans tes cours ?
Mégane : Oui, de plus en plus, surtout dans les cours collectifs. J’ai davantage d’hommes dans les cours intenses, comme le cross-training, mais ils viennent aussi progressivement au Pilates. Certains arrivent sur les conseils d’un kinésithérapeute ou d’un ostéopathe. Ils découvrent alors que ce n’est pas une pratique réservée aux femmes.
Et qu’est-ce que ton expérience à Tahiti t’a apporté ?
Mégane : Je suis partie vivre à Tahiti pendant un an et demi. J’y ai d’abord assuré la gestion complète d’un studio pendant un congé maternité : les cours, la plateforme, les réservations… C’était une occasion formidable d’exercer mon métier dans un autre cadre.
Un cadre paradisiaque ?
Mégane : Oui, mais tout n’y était pas simple. À Paris, il y a une grande diversité de salles et beaucoup de demandes. À Tahiti, le marché est plus petit et il faut prendre le temps de se faire une place. J’y ai vécu les difficultés que certains coachs rencontrent pendant leur première année d’activité. Heureusement, j’avais déjà trois ou quatre ans d’expérience et davantage confiance en moi.
Mégane : Quand on arrive face à un groupe qui a ses habitudes et apprécie déjà un autre coach, il faut trouver sa place. Si un cours se passe mal, cela peut entamer la confiance en soi. À Paris, les élèves sont davantage habitués au changement de professeurs. À Tahiti, cette expérience a été plus difficile, mais aussi très enrichissante : j’ai enseigné à des personnes d’une autre culture, avec un autre rapport au sport.
Mégane : J’ai géré le studio pendant sept mois, puis j’ai lancé mes propres créneaux. Cette étape a demandé beaucoup d’efforts. Je suis finalement rentrée en France après un an et demi.
Tu gardes malgré tout cette envie de voyager. Et je crois que tu aimes aussi les défis… Tu envisages même Koh-Lanta !
Mégane : Oui, mes amis veulent tous m’y inscrire ! J’aime le voyage, les défis sportifs et le dépassement de soi. Alors Koh-Lanta, pourquoi pas ? Votez pour moi !
Quel conseil aurais-tu aimé recevoir avant de te lancer, et que voudrais-tu transmettre aux futurs coachs ?
Mégane : Qu’il faut être polyvalent et très adaptable. Dans ce métier, les plannings peuvent changer au dernier moment, surtout en coaching individuel. Un client déplace une séance, un collègue a besoin d’un remplacement : il faut pouvoir réagir vite et faire preuve de créativité.
Mégane : Il faut aussi être passionné. Aimer le sport ne suffit pas : ce métier repose beaucoup sur les relations humaines, la pédagogie et l’envie d’enseigner.
La transmission est au centre du métier.
Mégane : Totalement.
Et la patience aussi. Où peut-on te retrouver, Mégane ?
Mégane : Principalement sur Instagram, sous le nom @megafit9. J’y partage des vidéos, mes séjours, mon quotidien et parfois ma vie personnelle.
Tu enseignes à Paris et en proche banlieue. Merci infiniment pour cet échange, Mégane. À très vite sur microco.com !
Mégane : Merci.
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