🎙️ Dans ce nouvel épisode d'À vous le Micro-Commerce, rencontre Claire, fondatrice de Vieille Branche, une marque engagée qui imagine des créations à partir de textiles de seconde main, en donnant une nouvelle vie à des matières et vêtements destinés à être oubliés ♻️✨
Passionnée par les pièces qui ont déjà une histoire, Claire Chine, sélectionne et transforme l'existant pour créer un univers singulier, où la créativité, le réemploi et le savoir-faire se rencontrent. Une manière de produire autrement, en valorisant ce qui existe déjà plutôt qu'en partant systématiquement de matières neuves 🧵🤍 Une rencontre autour de la mode responsable, de l'upcycling et de l'entrepreneuriat, portée par l'envie de faire autrement, avec beaucoup de personnalité et de créativité 💬
Bienvenue à tous ceux qui sont curieux de découvrir des récits d’hommes et de femmes entrepreneurs. Ici, vous êtes sur le podcast « À vous le Micro-Commerce ». À chaque épisode, on découvre un homme ou une femme entrepreneur, les coulisses de son activité, ses freins, ses succès, en bref, son quotidien.
Aujourd’hui, on part à la rencontre de Claire, qui a créé la marque Vieille Branche, une magnifique collection réalisée à partir de tissus upcyclés. Est-ce que vous êtes prêts ? C’est parti !
Bonjour Claire !
Claire : Bonjour Coralie !
On est ravis de t’avoir sur notre podcast « À vous le Micro-Commerce ». Claire, tu as créé cette marque incroyable, Vieille Branche, et tu fais partie des entrepreneurs présents à la boutique Small is Big tous les week-ends, au cœur des Puces de Saint-Ouen. Alors, je voulais commencer par une petite présentation de toi. Comment te définis-tu ? Comment te décrirais-tu ?
Claire : Je dirais que je suis quelqu’un de très dynamique, une fonceuse. Je suis aussi très têtue, comme une bourrique ! J’ai une vision et je veux la respecter coûte que coûte. Je suis également très intransigeante. Je ne veux pas renier mes principes pour aller plus vite ou pour que les choses soient plus faciles.
Moi, j’ajouterais que tu es aussi rayonnante !
Claire : Merci !
Tu as toujours le sourire et tu es très chaleureuse.
Claire : Comme ma veste !
Exactement ! Nous portons toutes les deux des vestes Vieille Branche. Alors, Vieille Branche, c’est une marque que tu as créée il y a combien de temps ?
Claire : Très récemment. Je l’ai immatriculée en octobre 2025 et ma première collection est sortie en février, il y a environ sept mois. C’est donc encore une toute jeune marque.
C’est une marque qui travaille à partir de tissus upcyclés que tu vas chercher à différents endroits. Tu vas nous raconter tout ça, parce que le sourcing, chez toi, c’est vraiment une grande aventure ! Et c’est sûrement à partir de ces recherches de matières que te viennent les idées pour développer tes collections.
Claire : C’est exactement ça. Je dis souvent que la matière première est reine dans mes collections.
En fait, je ne vais pas imposer un modèle de manière arbitraire. Tout se construit au fil de mes sessions de chine, dans les brocantes, les ressourceries, les vide-greniers, mais aussi auprès de professionnels de la seconde main, comme les grands centres de tri, ou encore de fournisseurs de stocks dormants de maisons de luxe.
Je pars à la recherche de toutes ces matières, de tous ces trésors. Ensuite, une fois que j’ai accumulé suffisamment de matières premières dans une catégorie, par exemple des couvertures, des rideaux ou du linge de lit, je prends le temps de réfléchir.
Selon la fluidité de la matière, sa structure, ses motifs et ses dimensions, je vais déterminer ce qu’il est possible de créer.
Et puis, un jour, tu tombes sur l’appel à candidatures pour participer à la boutique Small is Big. C’était un jour un peu particulier !
Claire : Oui, c’est une anecdote assez cocasse !
J’étais en train de terminer l’inventaire de mes matières premières. De toute façon, je passe ma vie à faire ça ! Je pose mon dernier tas de draps sur un banc et là, mon corps comprend que c’est terminé, qu’il peut enfin lâcher.
Et d’un coup, je m’effondre par terre, le dos complètement bloqué, incapable de bouger d’un millimètre. Je suis restée cinq heures au sol sans pouvoir faire le moindre mouvement.
Comme je m’ennuyais, je faisais défiler Instagram pour me divertir. Et là, je tombe sur une publication de Small is Big, avec une vidéo de présentation du pop-up.
Je me dis : « Mais ce n’est pas possible, c’est trop beau pour être vrai ! Ça a l’air génial, il y a forcément un loup ! »
Mais comme je m’ennuyais comme un rat mort, je me suis dit : « Allez, qu’à cela ne tienne, je postule ! Ça ne me coûte rien. »
Le lendemain, Céleste et Coralie me contactent. Je me rends compte que le projet est tout à fait sérieux et qu’il est formidable, notamment parce qu’il vise à promouvoir le micro-commerce.
Deux semaines plus tard, je pose mes valises dans le pop-up et j’installe ma collection de manière assez impromptue !
Alors, autre chose d’incroyable : Claire arrive en mai, je crois ?
Claire : J’ai commencé en juin.
Donc en juin, avec des vestes et des capuchons, et ça cartonne ! Alors qu’il fait souvent très chaud à l’extérieur !
Claire : Tout à fait ! Avec une grosse canicule en juillet !
Une grosse canicule ! Et pourtant, tes produits rencontrent un vrai succès parce qu’ils sont tout simplement incroyables. En plus, ce sont presque toujours des pièces uniques. Tu travailles à partir de tissus de seconde main et tu réalises souvent une seule pièce, parfois deux, trois au maximum.
Claire : Trois pièces, c’est le grand luxe !
Alors, raconte-nous comment s’est passée cette rencontre avec les clients. Quels produits as-tu pu tester et comment as-tu éventuellement fait évoluer ton offre depuis ton arrivée ?
Claire : J’avais déjà une bonne idée de mon plan de collection avant d’arriver ici, avec plusieurs collections d’avance en tête.
Mais à ce moment-là, je n’avais encore qu’une seule collection disponible : les vestes et les capuchons réalisés à partir de couvertures.
J’avais néanmoins déjà lancé la production d’une nouvelle collection dans mon atelier parisien : des tops et des jupes assortis, fabriqués à partir de linge de lit, notamment des draps, des housses de couette, des draps-housses et des taies d’oreiller.
J’avais vraiment hâte de recevoir ces nouvelles pièces parce qu’on était en pleine canicule, avec des températures qui atteignaient 37 degrés. Les vestes en couverture devenaient donc un peu compliquées à vendre, même si j’arrivais encore à en vendre sous 40 degrés sans problème !
J’avais aussi envie de montrer une autre facette de Vieille Branche, de mon esthétique et de ma vision créative.
La nouvelle collection est arrivée assez rapidement en juin et l’accueil a été formidable.
Incroyable ! Ça a cartonné ? Et grâce au bouche-à-oreille, tu as même eu des clientes qui sont revenues après avoir repéré certaines pièces ?
Claire : Exactement ! Elles avaient repéré la jupe et le petit top.
J’étais particulièrement contente parce qu’en juillet, une dame m’avait acheté un petit ensemble pour l’été. Et justement, hier, elle est revenue pour acheter une pièce de ma nouvelle collection : une veste réalisée à partir de rideaux.
Ça m’a fait énormément plaisir parce que cela signifie qu’elle était satisfaite de son premier achat.
Elle devient une cliente fidèle alors que la marque est encore toute jeune. J’ai déjà des clientes qui reviennent et ça me remplit de joie !
Et puis, ça te donne beaucoup d’espoir pour la suite et pour le développement de ta marque.
Claire : Oui, exactement !
Est-ce que tu as un e-shop, une boutique e-commerce ?
Claire : Oui, j’ai mon site internet avec mon e-shop, ainsi que ma page Instagram.
Mais pour l’instant, je ne suis pas encore très connue. Les ventes sur mon e-shop restent donc assez limitées. C’est surtout en physique que je réalise mes ventes et que je fais découvrir la marque.
C’est pour ça que le pop-up Small is Big tombe vraiment à point nommé pour moi.
Qu’est-ce que tu as envie de développer dans les prochains mois, que ce soit en matière de produits ou de projets pour ton entreprise ?
Claire : Il y a un projet que j’ai en tête depuis toujours, mais que je n’ai pas encore réussi à mettre en place parce qu’il y a tellement de choses à gérer !
J’aimerais permettre aux clients de me fournir directement leur matière première : une couverture qu’ils adorent, un drap ou un rideau auquel ils tiennent particulièrement.
Ce sont souvent des tissus chargés d’émotions, qui viennent de nos grands-mères ou de nos mères, et qui ont une histoire.
L’idée serait qu’ils puissent me confier ces matières et qu’à partir de celles-ci, je leur fasse réaliser une veste, un top ou une jupe.
Ce serait une sorte de service de personnalisation vraiment sur mesure.
C’est très chouette ! On a déjà vu ce concept se développer dans la bijouterie, notamment sur les réseaux sociaux, et je trouve que ça a beaucoup de sens. Il y a une véritable notion d’héritage et de transmission. On peut aussi revivre certains souvenirs d’enfance à travers ces tissus.
Claire : Exactement ! Tout ça est chargé d’énergie.
Pour moi, le vêtement est une armure, une protection. C’est aussi une façon de se présenter au monde, de montrer qui l’on est, son identité, ses valeurs.
Le vêtement fait partie de notre identité. Alors, pouvoir transmettre une partie de notre histoire familiale et de notre héritage à travers ce que l’on porte, je trouve ça sublime.
Avant de créer Vieille Branche, quel a été ton parcours ? Est-ce qu’il a été plutôt linéaire ou pas du tout ?
Claire : Un peu circulaire !
Il a été plus ou moins linéaire parce que j’ai toujours su à peu près dans quel secteur je voulais travailler. Je suis donc allée assez droit au but, vers la mode, même si je n’ai pas forcément fait les études pour.
J’ai passé un bac classique avec des options scientifiques, puis j’ai fait deux ans de classe préparatoire aux grandes écoles de commerce.
Ensuite, j’ai passé les écrits et les oraux pour intégrer une école de commerce à Bordeaux.
Ce parcours ne me destinait donc pas forcément à travailler dans un univers créatif. Pourtant, dès mes premiers stages, je me suis orientée vers la mode, et plus particulièrement vers la mode de créateurs de niche, les petites structures et les petites maisons.
Je n’étais pas du tout intéressée par les grands groupes ou les grandes maisons. Je voulais vraiment travailler dans de petites structures pour pouvoir toucher à tout, être un véritable couteau suisse.
Je m’ennuie assez vite et je n’aime pas du tout la routine. Ces expériences m’ont permis de développer mes compétences dans plein de domaines différents.
Je me suis également orientée dès le départ vers des marques de mode éthique et écoresponsable. C’était extrêmement important à mes yeux.
Je suis entrée dans cet univers et je ne l’ai plus jamais quitté.
J’ai ensuite travaillé pour plusieurs maisons, toujours à taille très humaine. Parfois, nous n’étions que deux !
Ça permet d’avoir une vision à 360 degrés de l’entreprise, ce qu’on n’a pas forcément dans les grandes structures.
Claire : Exactement !
Mais comment as-tu appris à faire des patrons ? C’est toi qui les réalises ?
Claire : Pas du tout ! Moi, je dis : chacun ses compétences !
Je suis nulle en technique, donc tout ce qui concerne les patrons, le modélisme et les prototypes, je le délègue.
Je travaille avec une modéliste basée à Nantes, qui s’appelle Lucie et qui réalise tous mes patrons et mes prototypes.
Nous développons les modèles ensemble. De mon côté, j’ai imaginé le modèle dans ma tête, j’ai le dessin et une vision très précise de ce que je veux.
Elle va ensuite retranscrire cette vision et réaliser le prototype. Après cette étape, le modèle part dans un atelier de confection où des couturières se chargent de sa fabrication.
Je n’interviens donc pas directement sur la partie technique. Je suis plutôt le chef d’orchestre qui coordonne tout ça, mais chacun son art !
Et quelles sont tes valeurs en matière de fabrication ? On est sur une marque très écoresponsable qui travaille à partir de tissus upcyclés. Mais au-delà de ça, dans cette chaîne de production, quelles sont les valeurs que tu souhaites respecter, notamment dans le choix de tes fournisseurs et des personnes qui travaillent avec toi ?
Claire : Déjà, c’est très simple : pour moi, une production fabriquée en France était non négociable. Il n’y avait pas d’autre option.
J’ai donc trouvé un premier atelier à Nantes, puis un deuxième à Paris, avec lequel je vais travailler sur le long terme.
Il s’agit d’une association qui accompagne des femmes éloignées de l’emploi dans leur réinsertion professionnelle.
Elles sont extraordinaires et travaillent notamment pour l’Opéra de Paris ou encore pour le cinéma.
Génial ! Et ça va te permettre d’avoir un circuit de production beaucoup plus proche de toi.
Claire : Exactement ! Je peux leur rendre visite et surtout être très agile dans la gestion de mes collections.
Par exemple, hier, j’ai vendu une veste réalisée à partir de rideaux. Comme je produis essentiellement des pièces uniques, je n’ai généralement qu’une seule veste par motif.
Mais il me restait un peu de ce tissu. J’ai donc pu relancer immédiatement sa production et je pourrai récupérer une nouvelle veste d’ici deux à trois semaines.
Cela me permet aussi de prendre des précommandes.
Imaginons qu’une personne ait un coup de cœur pour une veste, mais qu’elle soit trop petite et qu’il lui faille une taille supérieure. S’il me reste suffisamment de tissu, je peux immédiatement lancer sa fabrication et lui livrer assez rapidement sa pièce.
Je suis donc très agile sur ce point.
Et surtout, je veux connaître personnellement tous mes partenaires de travail. Je veux que les choses se passent dans la bonne humeur, qu’on puisse travailler ensemble et rigoler.
C’est important pour moi de ne pas avoir des partenaires complètement abstraits, situés à l’autre bout du monde.
C’est la même chose pour mes fournisseurs. Je travaille essentiellement avec des brocantes, où je me rends personnellement, ou avec des fournisseurs de stocks dormants de maisons de luxe, chez qui je vais également directement.
Alors moi, j’adore tes vidéos de coulisses sur Instagram, notamment celles où tu pars chercher des tissus avec ta mère ! Est-ce que tu peux nous raconter ces journées qui semblent tellement épiques ?
Claire : Et épuisantes ! Au grand dam de ma mère !
Mais vous partagez toutes les deux cet esprit de chine, j’ai l’impression ? Si elle t’accompagne, c’est qu’elle aime ça aussi ? Ou alors, c’est uniquement par amour qu’elle te suit ?
Claire : Je pense que c’est uniquement par amour !
Ma mère est un peu mon contraire. Elle déteste accumuler des choses, elle n’aime pas particulièrement tout ce qui est ancien. Elle adore le moderne et les choses épurées.
Donc non, elle m’accompagne vraiment par amour !
J’ai énormément de chance d’être épaulée par ma maman, qui est un véritable ange gardien, parce que toute seule, c’est difficile.
Et il faut imaginer que, parfois, vous allez chercher des tissus directement dans d’immenses bennes !
Claire : Exactement !
Nous allons notamment dans des centres de tri. Vous savez, les vêtements que l’on dépose dans les bornes de collecte Le Relais, dans la rue ?
Ils arrivent dans d’immenses centres où des hommes et des femmes les trient par catégorie.
Ensuite, les textiles sont placés dans d’énormes caisses. Et nous, on plonge dedans pour fouiller et sélectionner les matières !
On finit couvertes de poussière, mais c’est ma partie préférée du métier !
Ma mère m’accompagne vraiment par amour, mais on rigole énormément.
D’ailleurs, elle est un peu devenue ma mascotte dans mes vidéos. Je la mets beaucoup en avant parce que les gens l’adorent.
Elle est très drôle, elle se moque beaucoup de moi et j’aime jouer sur l’autodérision dans mes tournages.
C’est très chouette ! Et puis, ça permet aussi de garder les pieds sur terre. C’est une véritable aventure familiale !
Claire : Exactement !
Est-ce que tu aurais des conseils à donner à des personnes qui souhaitent se lancer dans une activité similaire ? Ou peut-être des choses que tu ferais différemment si c’était à refaire ?
Claire : Pour l’instant, je pense que je n’ai pas encore assez de recul pour identifier ce que je pourrais faire différemment.
La marque est encore trop jeune pour que je puisse vraiment analyser tout ça.
Pour être honnête, aujourd’hui, je referais tout de la même manière.
En revanche, il y a un conseil qui m’a été très utile au début et que j’aimerais partager : ne pas attendre que son projet ou son idée soit parfait.
Parce qu’il ne le sera jamais !
Si on attend que tout soit parfait, on ne se lancera jamais.
Un projet se peaufine au fur et à mesure du chemin. Il faut vraiment oser se lancer.
C’est en discutant avec les clients, en testant des choses, parfois même des choses qui ne fonctionnent pas, qu’on va progressivement affiner son projet.
Donc parfois, il ne faut pas trop réfléchir dans la vie, il faut y aller !
Très chouette ! Et où est-ce qu’on peut te retrouver sur les réseaux sociaux ?
Claire : Sur Instagram, c’est @vieillebrancheparis, tout attaché.
J’ai aussi lancé mon compte TikTok, même si je suis un peu une boomeuse et que je ne l’ai pas encore beaucoup développé !
Mais je suis bien présente sur TikTok. Et c’est déjà pas mal !
Et bien sûr, on peut aussi te retrouver à la boutique Small is Big pendant encore quelque temps, puisque tu renouvelles ton expérience jusqu’à fin décembre !
Claire : C’est ça, tout à fait !
Parfait pour les cadeaux de fin d’année !
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