🎙️ Dans ce nouvel épisode d’À vous le Micro-Commerce, rencontre Maud, fondatrice de Mads World Paris, une marque de chapeaux artisanaux qui bouscule les codes avec des créations audacieuses, colorées et pleines de personnalité 🎩✨ À travers ses collections, Maud imagine des pièces uniques aux formes originales, pensées pour celles et ceux qui souhaitent affirmer leur style. Entre créativité, savoir-faire et liberté d’expression, elle défend une vision de la mode où chaque chapeau devient un véritable objet de caractère. Dans cet épisode, elle revient sur son parcours entrepreneurial, les opportunités qu’elle a choisies de saisir… ou de laisser passer, et les enseignements qu’elle en retire. Pour Maud, il n’existe pas de parcours parfait : chaque décision fait partie de l’aventure et permet d'avancer avec davantage de conviction. Elle partage également son meilleur conseil pour entreprendre : oser prendre des risques, faire confiance à son intuition et construire son projet à son image 💬
Bienvenue à toutes celles et ceux qui aiment découvrir des récits d’hommes et de femmes entrepreneurs. Vous écoutez À vous le Micro...Commerce , le podcast de la plateforme microco.com. Chaque mois, nous entrons dans les coulisses du quotidien d’un entrepreneur. Quels ont été ses freins, ses craintes, mais aussi ses plus grandes fiertés ?
Aujourd’hui, nous recevons Maud, fondatrice de la marque Mad’s World Paris. Chapelière-modiste, elle crée une grande variété de chapeaux absolument sublimes. Allons les découvrir !
Bonjour Maud.
Maud : Bonjour Coralie.
Nous sommes très heureux de t’accueillir dans notre podcast aujourd’hui.
Maud : Je suis ravie d’être là, merci.
Nous allons présenter Mad’s World Paris, mais aussi découvrir la créatrice et l’entrepreneuse que tu es. Pour commencer, comment te définirais-tu en quelques mots ou en une phrase ?
Maud : J’ai toujours été une fille qui ne voulait pas rentrer dans les cases. Je pense que c’est ce qui me motive en permanence : ne pas rentrer dans les cases.
Est-ce un challenge pour toi ou simplement ta manière d’être et de vivre ?
Maud : C’est ma manière d’être et de vivre. Lorsque j’essaie de rentrer dans une case, c’est justement à ce moment-là que je me challenge le plus et que les choses deviennent plus compliquées.
Tu te dis alors qu’il faut que tu sortes de cette case.
Maud : Oui.
C’est donc un véritable leitmotiv.
Maud : Oui.
Et c’est également ton moteur.
Maud : Tout à fait.
Est-ce que la Maud de dix ans savait déjà ce qu’elle voulait faire plus tard ou en avait une petite idée ?
Maud : J’en avais une petite idée. J’ai commencé le théâtre à huit ans et j’en ai fait pendant douze ans. J’ai donc toujours été attirée par le milieu du spectacle, qui a ensuite été un véritable moteur pour mon entreprise, puisque j’ai commencé à travailler dans cet univers.
L’art était donc déjà très présent. Au fil du temps, est-ce que les travaux manuels ont commencé à te passionner ? Est-ce que l’idée de devenir un jour créatrice a progressivement germé en toi ?
Maud : J’ai toujours aimé l’art. J’ai toujours dessiné, chanté ou fait de la musique. J’ai également commencé à faire un peu de couture. Ma mère m’a appris à recoudre mes boutons et à faire mes ourlets. J’ai ensuite commencé à confectionner mes propres costumes, principalement pour aller à mes cours de théâtre.
Le spectacle et le burlesque occupent une place importante dans ta vie. Peux-tu nous en dire davantage ?
Maud : Mon parcours dans le burlesque et mon parcours entrepreneurial ont commencé exactement au même moment. Ce sont donc deux choses étroitement liées, qu’il est impossible de dissocier.
Venons-en justement à ton parcours, qui n’a pas forcément été linéaire. Quelles études et quelles formations as-tu suivies ? À quel moment as-tu décidé de te lancer dans l’entrepreneuriat ?
Maud : J’ai commencé par un baccalauréat professionnel en couture, pendant lequel j’ai appris toutes les bases. Après mon bac, j’étais un peu perdue. Je suis donc partie faire une mise à niveau en arts appliqués.
Cette année m’a permis de prendre un peu de recul et de réfléchir à ce que je voulais réellement faire. Finalement, je suis retournée vers le costume, mais davantage du côté de l’habillage.
J’ai ensuite suivi une formation en lingerie, corseterie et maillots de bain, puis une formation en haute couture. J’y ai découvert la plumasserie, la broderie à la machine, les fleurs artificielles et un tout petit peu la chapellerie.
Cette première approche de la chapellerie m’a énormément attirée. J’ai donc décidé de poursuivre avec un CAP de chapelier-modiste.
Toutes ces formations t’ont permis de découvrir de nombreux matériaux et différentes techniques.
Maud : Tout à fait.
C’est d’ailleurs ce que nous retrouvons aujourd’hui dans toute ta gamme de chapeaux. J’ai l’impression que tu as conservé quelque chose de chacune de tes formations.
Maud : C’est exactement cela. J’essaie de rassembler tout ce que j’ai appris. Certaines techniques sont aujourd’hui un peu moins présentes. Par exemple, je travaille beaucoup moins les plumes et les fleurs artificielles qu’à mes débuts.
En revanche, la broderie et les techniques liées à la lingerie sont des éléments que l’on retrouve régulièrement dans mes créations.
Tu as ensuite créé ta marque. La création de l’entreprise et de Mad’s World Paris a-t-elle été fluide ? Le déclic entrepreneurial est-il venu facilement ?
Maud : Ce n’était absolument pas prévu. J’ai passé mon CAP de chapelier-modiste en alternance pendant la période du Covid. Je n’ai été confinée que trois semaines avant de retourner dans mon entreprise, mais je ne suis jamais retournée à l’école.
J’ai obtenu mon CAP sans passer les épreuves habituelles, car très peu d’examens étaient organisés cette année-là. L’obtention du diplôme a donc été évaluée avec l’entreprise dans laquelle j’effectuais mon alternance.
Après le Covid et l’obtention de mon diplôme, je me suis demandé ce que j’allais faire. Il y avait très peu d’opportunités, particulièrement dans le domaine de la chapellerie. J’étais au chômage lorsque France Travail m’a contactée en me disant qu’il serait très difficile de me trouver un emploi dans ce secteur. On m’a alors demandé si je voulais créer mon entreprise. Je me suis dit : « Pourquoi pas ? »
Finalement, c’est France Travail qui t’a soufflé l’idée. Comment as-tu commencé ? Participais-tu à des marchés ponctuels ou à des salons ?
Maud : J’ai commencé avec quelques petits marchés en Seine-Saint-Denis, car j’habitais auparavant à Romainville. Je participais notamment à des marchés organisés à Montreuil, Romainville ou Bagnolet.
J’ai également commencé à participer à mes premiers festivals burlesques. Ce sont des événements au cours desquels plusieurs spectacles s’enchaînent et où l’on trouve également des marchés de créateurs correspondant à l’univers du cabaret. C’est ainsi que j’ai commencé à vendre mes créations.
Tu crées donc progressivement Mad’s World Paris et ton offre devient de plus en plus riche, avec des produits très différents. Comment décrirais-tu aujourd’hui le concept de cette marque de chapeaux ?
Maud : J’essaie de proposer des choses assez extravagantes, tout en offrant du choix pour que chacun puisse trouver quelque chose qui lui corresponde.
Je ne souhaite pas vendre des créations très basiques que l’on pourrait trouver partout. Je me fais vraiment plaisir avec les motifs, les décorations et les formes des chapeaux, afin de proposer une grande diversité.
C’est justement ta force. Tes créations peuvent compléter des tenues élégantes et chics, mais aussi des looks plus rock. Il y en a véritablement pour tous les goûts, y compris pour les mariages. Peux-tu nous présenter quelques modèles ?
Maud : Je pense avoir apporté une bonne sélection, avec différentes matières et différentes techniques.
Ces modèles sont assez classiques pour le milieu du cabaret ou pour des soirées. Ils sont très brillants et très colorés. Les créations très dynamiques et lumineuses sont celles que je réalise depuis le plus longtemps.
J’ai également développé cette collection de mariage depuis que je suis présente dans la boutique. En réalité, j’ai lancé énormément de nouvelles choses grâce à cette expérience. Cela m’a permis d’ouvrir de nombreuses portes.
La collection de mariage était quelque chose que je redoutais un peu, car c’est un univers assez compliqué.
Et exigeant.
Maud : Exigeant, tout à fait. Mais cela m’a fait beaucoup de bien de travailler sur une gamme plus luxueuse et très élégante.
Il s’agit d’un travail extrêmement minutieux, qui nous plonge presque dans les coulisses d’une époque révolue en matière de savoir-faire. Quelles matières retrouve-t-on sur ce modèle ?
Maud : Il y a de la dentelle, des perles et de petites fleurs. C’est vraiment un travail de minutie.
J’ai également des modèles beaucoup plus urbains. Cela me permet de proposer des créations à des personnes qui ont un autre style. Ce sont aussi des pièces plus rapides à fabriquer, ce qui me permet d’avoir une gamme de prix plus large.
J’ai aussi ce modèle appelé « pillbox ». Je l’ai réalisé parce que j’aime beaucoup chiner de vieux chapeaux. Celui-ci était un ancien chapeau que j’ai entièrement repris et remoulé pour lui donner une forme que j’aime particulièrement travailler.
Tu ne te contentes pas de vendre des chapeaux : tu animes également des ateliers. Cette activité était-elle présente dès la création de Mad’s World Paris ou s’est-elle développée progressivement ?
Maud : Elle s’est développée au fur et à mesure. Le milieu du spectacle est vraiment celui que je préfère, mais il traverse parfois des périodes compliquées. Actuellement, les structures ont notamment des difficultés à obtenir des subventions.
Pendant deux ans, voire deux ans et demi, je n’ai plus eu aucune commande dans ce domaine. J’ai donc dû trouver une manière de renouveler mon activité. C’est à ce moment-là que je me suis demandé si je ne pourrais pas proposer des ateliers.
La première année a été assez calme : j’en organisais environ un par mois. Aujourd’hui, j’en anime plusieurs par semaine. Cela m’a énormément aidée.
C’est incroyable. Tu passes notamment par des plateformes de mise en relation. Est-ce que ce contact avec les clients et cette dimension de transmission te plaisent ?
Maud : Oui. Lorsque j’étais étudiante, je donnais déjà des cours de couture. J’adore transmettre mon savoir-faire.
J’ai découvert la chapellerie assez tardivement, mais j’ai eu un véritable coup de cœur pour ce métier. Lorsque je transmets ce savoir-faire pendant les ateliers, je n’ai pas l’impression de travailler.
C’est une activité très complémentaire, qui te permet de faire des choses différentes au cours de la semaine. Peut-on entrer un peu plus précisément dans la fabrication d’un chapeau ? Peux-tu prendre un modèle et nous raconter les différentes étapes de sa réalisation ?
Maud : Je vais prendre celui-ci, car il est particulièrement voyant, même si ce n’est pas forcément le meilleur exemple !
Pour fabriquer un chapeau, je reçois tout d’abord des matières premières qui ressemblent un peu à des champignons. Il s’agit du feutre envoyé par mon fournisseur.
Je réalise ensuite une étape d’apprêtage de manière naturelle. Il existe des apprêts chimiques, mais, par souci écologique, je préfère fabriquer moi-même mon produit, même si cela me demande davantage de temps. Cette étape permet de durcir le feutre afin qu’il conserve correctement sa forme.
Tous mes chapeaux sont ensuite moulés sur des formes en bois arrondies, qui correspondent à la forme de la tête.
Les arêtes, les creux et l’ensemble des reliefs sont ensuite réalisés à la main. C’est une étape importante et c’est également ce qui fait la particularité de mon travail. Tous mes modèles sont uniques, puisqu’ils sont entièrement retravaillés à la main.
Le principe est le même pendant les ateliers. Les participants commencent par fabriquer une forme arrondie, qu’ils retravaillent ensuite entièrement à la main. Ils repartent ainsi avec une pièce véritablement unique.
Viennent ensuite les finitions.
Maud : Tout à fait.
Il y a notamment la broderie. Tu utilises parfois de la peinture et des projections de couleur.
Maud : Oui. J’aime vraiment me faire plaisir et exprimer ma créativité sur mes chapeaux.
Ce modèle comporte effectivement de la broderie. Je me suis également amusée à ajouter différentes couleurs sur le bord. Cela répondait aussi à une démarche écologique, puisque j’ai utilisé de petites chutes de matière qui me restaient et que je ne voulais pas jeter.
J’ai aussi travaillé la matière pour lui donner un effet patiné.
C’est également ce que tu as réalisé sur cet autre modèle.
Maud : Exactement.
Tu proposes aussi à tes clients de personnaliser leurs chapeaux. Tes customisations sont toujours très créatives et différentes de ce que l’on peut voir habituellement.
Maud : J’essaie également de chiner mes décorations. Il m’arrive d’acheter des éléments neufs, en particulier pour les matières premières, mais je chine la plupart des accessoires décoratifs.
Sur le modèle que tu montrais, j’ai par exemple utilisé des lacets que j’avais trouvés sur un marché. Cet autre élément provenait d’un collier.
Arrives-tu encore à trouver de la place dans ton atelier pour toutes ces fournitures ?
Maud : Oui, mais l’atelier est plein à craquer ! Quinze mètres carrés, c’est un peu petit pour tout stocker.
La gestion du stock est donc un défi quotidien.
Maud : Oui. Sincèrement, je ne sais pas encore comment je vais faire pour tout ramener à l’atelier !
Parlons maintenant de ton expérience chez Small Is Big. Nous avons eu le plaisir de t’accueillir pendant six mois. Tu as participé aux deux premières promotions d’artisans, de créateurs et de commerçants de cette boutique partagée située au cœur des Puces de Saint-Ouen. Quels enseignements en as-tu tirés et comment as-tu vécu cette expérience ?
Maud : C’était une très belle expérience. J’ai vraiment adoré.
Lorsque tu m’as appelée pour m’annoncer que j’étais sélectionnée, j’étais un peu paniquée. Je me demandais comment j’allais faire, car j’étais encore salariée à ce moment-là. J’ai vraiment traversé une période de doute pendant laquelle je me demandais quelle décision prendre.
Finalement, tout s’est très bien enchaîné. L’expérience que j’ai vécue ici m’a permis de développer énormément de choses que je n’aurais pas pu créer autrement.
J’ai notamment pu développer la collection de mariage, des modèles plus urbains et des modèles en paille, ce que je n’avais jamais fait auparavant. Cette expérience m’a permis de proposer beaucoup plus de choses que lorsque je reste enfermée dans mon petit atelier.
J’imagine que tu as également fait évoluer ton offre en observant les clients regarder tes créations et s’interroger. Leurs réactions ont probablement nourri ton inspiration et t’ont donné envie d’essayer de nouvelles choses.
Maud : Oui. Je proposais des pièces très différentes en matière de prix et de style. Je me suis aperçue que les pièces les plus basiques et les plus simples ne se vendaient pas. Seules les créations vraiment extravagantes trouvaient leur public.
J’ai alors compris que je ne devais pas perdre de temps à créer des pièces trop basiques. Je devais avant tout me faire plaisir pour parvenir à vendre mes produits.
Il existe finalement une véritable rencontre entre ton univers et celui des Puces de Saint-Ouen. Ces deux univers fonctionnent très bien ensemble et la clientèle du quartier apprécie ce type de proposition. Cette expérience t’a permis de rencontrer un public particulièrement réceptif à ton travail.
Maud : Oui. Je connaissais les Puces, mais assez peu. Le fait d’être présente ici et de vivre pleinement l’expérience m’a permis de comprendre que les personnes qui viennent aux Puces recherchent de l’exception et des objets qui ont une véritable valeur.
Elles viennent bien sûr chercher des antiquités, mais lorsqu’elles entrent dans une boutique de créateurs, elles veulent également découvrir des choses incroyables qu’elles n’ont jamais vues ailleurs.
Tu as ensuite décidé de quitter ton emploi salarié pour te consacrer entièrement à ton entreprise. Cela a représenté un grand saut en avant.
Maud : Oui, cette décision est venue d’un ensemble de choses. Au bout de seulement quinze jours dans la boutique, j’ai posé ma démission.
Il m’a ensuite fallu tenir trois mois avant de pouvoir partir, mais cela a été un véritable grand saut et je ne le regrette absolument pas. Je suis beaucoup plus heureuse aujourd’hui.
Je suis également moins fatiguée, même si je travaille énormément. J’ai senti que ma place était ici. Je ne devais plus être à la fois salariée et entrepreneuse : je devais me consacrer entièrement à mon entreprise.
Quels conseils donnerais-tu à des personnes qui souhaitent se lancer dans le même domaine ? Avec le recul, y a-t-il des choses que tu ferais différemment ?
Maud : Je ne suis pas certaine que je ferais les choses différemment. Je pense que, parmi les opportunités qui se sont présentées, j’ai accepté celles que je sentais bien et refusé celles qui ne me correspondaient pas.
Le conseil que je donnerais serait de ne pas avoir peur de prendre des risques.
Prendre des risques et oser sont finalement indispensables pour entreprendre. Cela l’est d’autant plus lorsque l’on possède une marque avec une personnalité aussi forte, qui nous ressemble et qui se distingue par son caractère insolite et original. Il faut réussir à la porter avec liberté, confiance en soi et leadership. Dirais-tu que toute cette variété de chapeaux représente une partie de ta personnalité ?
Maud : Oui. Pourtant, lorsque je regarde la gamme de mariage, je me dis qu’il fallait vraiment aller la chercher !
Mais je pense sincèrement qu’il y a forcément quelque chose qui me représente dans chacune de mes créations. Il faut parfois connaître l’histoire d’un modèle pour comprendre à quel moment il me ressemble, mais il contient toujours une petite part de moi.
C’est très beau. Merci infiniment, Maud. Vous pouvez retrouver Mad’s World Paris sur Instagram.
Maud : Merci infiniment.
Si ce podcast vous a plu ou vous a inspiré, n’hésitez pas à aimer cet épisode, à le commenter et, bien sûr, à nous suivre. C’est le meilleur moyen de nous soutenir.
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