Mélodie Delahaye
Création de bijoux
N°22 : MELODIE IN WONDERLAND, création de bijoux fantaisie

Plonge au cœur de la créativité et de la passion avec Mélodie, une talentueuse créatrice de bijoux en pâte polymère ! 

Au cours de cette conversation captivante, Mélodie partage son amour pour l'artisanat, les défis qu'elle a relevés, ainsi que la philosophie qui anime ses  créations.

Prépare-toi à être transporté dans un univers coloré et féérique où l'art de la pâte polymère prend vie ! Que tu sois un amateur de bijoux uniques, un passionné du processus créatif ou simplement curieux de découvrir l'histoire inspirante d'une artiste entrepreneur, ce podcast t'invite à t'émerveiller.

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Vous avez une marque sublime, très vive, pleine de couleurs et pleine de peps. On est vraiment enthousiastes à l'idée d'en savoir plus sur les coulisses de votre marque. Vous êtes créatrice de bijoux, pourriez-vous nous raconter votre parcours et comment vous en êtes arrivée là ?

Ça a commencé il y a un moment, quand j'ai découvert le polymère à l'âge de 19 ans.

Qu'est-ce que le polymère pour ceux qui ne le connaissent pas ?

L'argile polymère, pour faire assez simple, est une sorte de pâte à modeler qui se cuit et rigidifie au four. Comme c'est une pâte qui est assez souple, même s'il y en a de différentes souplesses, mais qui est plutôt facilement malléable, on peut réussir à faire tout un tas de motifs, de formes incroyables. On peut faire beaucoup, beaucoup de choses avec ça. Et donc, une fois que c'est cuit, c'est très solide et résistant, parfois souple si on la cuit de façon assez fine. C'est super intéressant. 

Vous avez été initiée à cette technique par une amie alors que vous étiez fleuriste.

Oui, j'étais fleuriste à l'époque et j'étais encore en école de fleuriste quand j'ai découvert le polymère.

Comment êtes-vous passée de la fleuristerie à la création de bijoux ?

On va dire que j'y suis revenue plus à fond quand j'avais à peu près 25 ans. Et je voulais juste me créer des bijoux à moi, parce que j'aimais bien être un peu différente dans mon style. Et j'avais envie à l'époque, c'est tout bête, j'avais envie de grosses fleurs, de grosses bagues fleurs. Je me suis dit, je vais essayer de les fabriquer. J'ai commencé comme ça et je ne m'arrêtais plus, je trouvais ça génial. Du coup, j'ai commencé à les présenter aux copines. Enfin bref, ça a commencé comme ça, en effet boule de neige. Mais c’est resté un loisir en plus de mon job, mais qui a pris de l'ampleur assez vite. 

Vous avez donc continué à jongler entre votre activité professionnelle de fleuriste et votre passion pour la création de bijoux.

Oui. Au tout début, j'ai continué à être fleuriste pendant quelques années. Et puis, j'ai quitté, parce que je suis bretonne à la base, j'ai quitté la Bretagne vers mes 30 ans. Et en arrivant du coup sur Paris, je n'avais plus trop envie de travailler dans la fleur. Et puis, j'étais en couple avec quelqu'un qui m'a assez encouragée dans ce domaine, parce qu'il voyait que ça marchait bien. Je vendais déjà beaucoup et il trouvait ça chouette. Et donc, j'ai commencé par trouver un emploi à mi-temps. Ça m'a permis de développer davantage et petit à petit, comme ça, j'ai commencé à travailler à temps plein dessus.

Mon ancien compagnon a eu l'opportunité d'aller travailler à Londres et il m'a demandé si je voulais le suivre. À l'époque, comme je ne parlais pas du tout anglais, il m'a dit, mais c'est le moment pour toi de te lancer. Je pense que c'est un peu lui qui m'a poussée. Moi, je n'osais pas trop, parce que j'avais envie de garder un emploi stable. Je n'étais pas très à l'aise avec l'idée, mais effectivement, dans ce cas de figure, c'était plutôt logique, puisque je ne pouvais pas travailler. Et c'est comme ça que je me suis lancée à temps plein. 

Parlez-nous un peu du concept de Melody in Wonderland et des produits que vous proposez.

Je pense que mon parti pris, c'est la joie de vivre. J'aime la couleur, la joie de vivre. J'aime apporter un peu de gaieté. Quand je vais sur les réseaux, j'ai envie de me distraire, j'ai envie de voir des choses agréables.

Et en fait, c'est comme ça, je crois, que j'ai vu les choses. J'ai eu envie de proposer, moi aussi, juste quelque chose de léger, qui fait plaisir. 

Est-ce que, des fois, vous faites des bijoux à la demande ? 

Non. Je l'ai fait pendant des années. Je ne le fais plus parce que ça marchait beaucoup et du coup, j'avais moins de temps pour faire mes propres créations.

Travaillez-vous sur des collections spécifiques ou votre création est-elle plus spontanée ?

Il n'y a pas vraiment de règle. C'est-à-dire que j'ai une idée, un thème et je vais développer dessus. Mais il n'y a pas de règle en saison, en temporalité. C'est vraiment quand ça me vient. 

Pouvez-vous nous décrire votre processus de fabrication ?

Tout part d’une idée. Je fais parfois un petit croquis, si les idées me suffisent. Ça part de là. Ensuite, je choisis mes teintes. Comme je disais, la polymère existe dans toutes les couleurs possibles. Je choisis mes teintes. Je commence à faire... Après, ça dépend du bijou. Parfois, ça va être une canne. Ce n'est pas évident d'expliquer. C'est la manière de créer un motif dans une masse de polymère et de réussir à avoir le même motif en coupant des tranches dans une espèce de boudin. 

Après, on découpe le boudin. On va dire pour réaliser une fleur. Une tranche, ça va être un pétale de fleur. Après, il faut que je le modèle avec mes doigts. Ensuite, j'essaie de reproduire la fleur que j'ai choisi de faire. 

Comment gérez-vous votre activité au quotidien ?

À la base, je pars d'une idée, d'une envie. C'est tellement variable. Je travaille beaucoup sur la fleur mais des fois, ça peut être un tissu qui va m'inspirer. Un vêtement que j'ai, je me dis que c'est trop beau. Je m'inspire des vitraux. Comme il existe de la polymère transparent, on peut reproduire dans l'idée un vitrail puisqu'on le voit en transparence. Je trouve ça hyper intéressant aussi. Je travaille aussi l'imitation de broderie de sous-tâche. 

On peut imiter tellement de choses grâce à la polymère que c'est infini. C'est une possibilité, c'est extraordinaire. Mes process, à la base, ça me vient d'une idée. En général, je note, je fais un petit dessin et puis je développe comme ça petit à petit. Je choisis mes couleurs et voilà. 

Comment êtes-vous aujourd'hui distribuée ? Et comment vendez-vous vos produits ? 

Je vends uniquement, ou presque uniquement sur les réseaux. À la base, mon réseau principal c'est Facebook c'est là-dessus que j'ai grandi parce que j'y suis depuis longtemps. Depuis peu, je suis aussi sur Instagram, de plus en plus et donc j'ai un site internet. 

Et vous avez fait des marchés très rapidement ou pas trop ? Des ventes éphémères, des pop-up stores ? 

C'est très rare, ça m'est arrivé, j'ai testé plein de choses. C'est vrai que je me concentre sur les réseaux aujourd'hui. Mais j'ai quand même mes bijoux qui sont exposés dans la boutique.

Oui, en fait, on peut préciser que vous êtes nantaise et que vous avez fait la rencontre de Myriam qui est modiste ? 

Ça doit faire un peu plus d'un an.

Vous partagez un local dans les puces de Saint-Ouen dans le 93. De temps en temps, c'est un local qui revend plusieurs créations de plusieurs créateurs. Et donc, vous partagez ce même local.

Quels sont vos projets futurs ? Vous aviez peut-être envie de faire des ateliers. 

Ça fait très longtemps que j'ai envie de faire des ateliers. Je pense qu'il y a encore quelques années, je ne me sentais pas assez légitime pour le faire. J'avais besoin de me dire je maîtrise vraiment bien. Donc pendant des années, je me suis un peu empêchée. Et aujourd'hui, je me sens plus légitime et je me dis que je serais capable de montrer mes techniques pour que les gens puissent faire des choses sympas assez rapidement.

Vous avez une petite idée de comment mettre en place ces ateliers ?

Oui, oui. Tout est prévu. J'ai même fait des tests avec une amie sur trois heures.

Et ce serait en direct ou vous avez passé par une plateforme d'intermédiation ? 

Je me dis qu'une plateforme, ça peut être intéressant quand même. Je connais une amie qui est créatrice de bijoux en or par contre, mais qui passe par une plateforme Wecandoo et ça marche super bien, donc ça m'a un peu incité à passer par là. Sauf qu'il faut un atelier, il faut un espace en dehors de son chez-soi. 

Pour le moment, je n'ai pas fait les démarches. Ce qui est dommage parce que j'aurais bien aimé les faire chez moi justement, mais voilà, c'est un projet, 2024, j'aimerais vraiment bien... 

Aujourd'hui, est-ce que vous êtes rentable ? Est-ce que vous arrivez à vivre de votre activité ? 

Alors, je fais que ça, donc on peut dire oui. C'est difficile, mais je m'entends, je vis seule. J'arrive à gérer mon petit budget. 

Est-ce que vous souffrez de la solitude du solo-entrepreneur ? 

Oui ! C'est d'ailleurs pour ça que j'aimerais aussi faire des ateliers, ça m'ouvrirait un peu sur le monde parce que, en fait, en plus je travaille sur les réseaux, donc forcément, on se renferme sur son petit chez-soi. Des fois c'est difficile, je pense que c'est l'inconvénient, même s'il y a une grande part de moi qui adore ça. 

Quand on est créateur et qu'on aime faire du fait main, on a besoin aussi de se calme, de se retrouver et j'imagine d'avoir son propre rythme aussi. 

Oui, complètement. Il faut trouver un équilibre et je pense que c'est justement par ce biais-là que je pourrais le trouver, faire des ateliers dans les hôpitaux. J'ai des idées comme ça. 

Oui, peut-être aussi, quand vous dites dans les hôpitaux, c'est-à-dire faire une sorte de thérapie ?

Oui, c'est cette idée-là qui me vient depuis un moment, que j'aimerais beaucoup proposer. 

Avez-vous des conseils à donner à des personnes qui se lancent justement dans l'artisanat ? 

Les conseils que je pourrais donner, c'est de ne pas avoir peur, de se faire confiance, de croire un peu en soi. Je pense que c'est aussi le manque de confiance parfois qui peut faire hésiter. Je suis quelqu'un qui manquait beaucoup de confiance, ça m'a beaucoup aidée

Ce qui est un peu contradictoire, c'est que peut-être que vous manquez de confiance, mais par contre, votre univers, il est très déterminé et il est super bien défini, je trouve. C'est-à-dire qu'en fait, on vous trouve alignée avec vos valeurs, votre philosophie de marque très très gai, les couleurs qui sont affirmées. En tout cas, aujourd'hui, c'est une marque qui s'assume de l'extérieur. 

Oui, disons que je sais ce que je veux montrer. Ça ne m'intéresse pas de montrer la face moins drôle, puisqu'il y en a forcément. J'ai envie que les gens aient le sourire en arrivant sur mon profil. C'est sûr que c'est ce que je recherche. 

Est-ce qu'il y a des choses qui ont évolué grâce à la clientèle ? Est-ce que la clientèle vous a fait développer des choses, des créations ? 

Oui, parce que j'ai dû m'adapter un petit peu. C'est-à-dire que moi, à la base, ce que j'aime particulièrement, c'est les grosses pièces, des choses qui sont voyantes, un peu extravagantes, pas forcément extrêmes non plus, mais assez bien voyantes. J'ai dû m'adapter parce que j'ai quand même beaucoup de clientes qui aiment mon univers, c'est-à-dire qu'elles aiment le style très coloré, très joyeux, etc. Mais elles préfèrent les bijoux un peu plus petits, un peu plus discrets. 

Donc, j'ai dû m'adapter un petit peu en termes de taille, par exemple. Sinon, franchement, non, je fais à mon envie et les gens suivent ou pas. Après, voilà, c'est clair que comme on disait tout à l'heure, c'est un parti pris. Je sais très bien que je ne peux pas fédérer tout le monde autour de mon univers, mais ça m'est égal parce que l'intérêt, c'est de plaire à certaines personnes vraiment. 

J'ai une question qui va vous faire vraiment rire. C'est une question de rangement. Comment faire pour ranger toutes ces pièces dans plein de petites boîtes et se rappeler ? 

Je n'ai pas tant que ça de stock. Je ne veux pas de stock justement. En fait, d'ailleurs, je peux parler un peu de mon processus. À la base, j'avais pas de site internet, il y a encore peu de temps. Je ne vendais mes bijoux que lors de ventes privées. Enfin, j'appelle ça des ventes privées, des événements que je créais sur Facebook en l'occurrence. Et donc, je créais un événement à une date précise. Je créais un stock de bijoux conséquents pour cette date-là. Les gens s'inscrivent. 

Mes clientes, elles savent, parce que je fais ça depuis des années, elles s'inscrivent. Et le jour J, je publie tous les bijoux que j'ai créés pendant les mois précédents. Et en fait, à la base, quand je me suis lancée à faire ça, je faisais beaucoup de pièces uniques ou des très petites séries. Et ces jours-là, je vendais quasiment tout. Il me restait, on va dire, 10%, qui est vraiment très peu. Et donc, j'ai fait ça pendant des années, ça a cartonné. Ça marche toujours très, très bien, sauf que j'ai changé un petit peu de process avec le temps. J'ai décidé de faire de la reproduction parce que faire que des pièces uniques, d'un moment, c'est compliqué à gérer. Surtout en vue de créer un site internet. C'est difficilement gérable en faisant que des pièces uniques. J'ai déjà fait, à l'époque, de créer un site internet avec des pièces uniques et je n'y arrivais pas. Donc là, sur mes dernières ventes privées, je proposais un bijou à la reproduction. Les gens étaient plus tranquilles, c'était moins stressant pour eux parce qu'avant, ils étaient obligés de sauter sur le bijou qu'il y avait et il n'y en avait qu'un. 

Donc, pour le site internet, aujourd'hui, c'est le même principe. Tous les bijoux que vous retrouvez, je les prends sur commande. J'ai un bijou de chaque que je peux reproduire, sauf sur les colliers. 

Je reproduis jusqu'à un certain nombre. C'est moi qui décide jusqu'à quand. Je ne veux pas faire de grande série. Donc, je veux dire, il va y avoir 10, 15 articles.

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