Charlotte et Hermine

@Rolling Fripe

33 Rue Notre Dame de Nazareth, 75003 Paris

Friperie
N°14 : Découvrez le projet de Charlotte et Hermine : Rolling Fripe !

On prend la route avec Charlotte et Hermine, deux jeunes femmes entrepreneures qui proposent un tout nouveau concept : une friperie itinérante. Comment leur est venue cette idée ? Quelles ont été leurs difficultés et leurs réussites ? Elles nous racontent tout dans ce nouvel épisode podcast ! Montez à bord de leur camion est laissez-vous embarquer dans l’histoire de Rolling Fripe !

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Bienvenue à toutes les personnes curieuses qui aiment les belles histoires d'hommes et de femmes entrepreneurs. Je suis Coralie, je pilote Altavia Foundation. A chaque podcast, laissez-vous embarquer dans les coulisses d'un micro-commerce et de son créateur. Son quotidien, son ambition, ses freins, ses fiertés. Prêt à être inspirée ? C'est parti !

Quel est le concept de votre micro-commerce ? 

Rolling Frips, c'est une friperie itinérante initialement qu'on a aménagée dans un camion de 20 mètres cubes. On avait l'idée de sensibiliser les jeunes à une mode plus responsable en se déplaçant sur les campus étudiants.

Ça, c'est pour la semaine. Et le week-end, on faisait des événements dans des vintage markets. L'été et le printemps, dans des open-air et sur des festivals. Et depuis octobre, on a ouvert une boutique. 

Comment est née l'idée ? 

L'idée est née en Master 1. On avait un projet de création d'entreprise. On avait un an pour faire comme si on allait créer une entreprise. C'est ce qu'on a fait pendant un an. On a imaginé l'idée de Rolling Frips, de la friperie itinérante.

Et à la fin de cette première année de Master, on a eu notre oral, on a majoré. Et ensuite, on s'est posé la question, est-ce qu'on se lance ou pas ? 

Racontez-nous les grandes étapes de votre création d'entreprise. 

On a eu la chance de pouvoir continuer à créer Rolling Frips quand on était encore en études.

On avait l'accompagnement de nos profs, mais aussi de nos camarades de classe. Avec qui on a pu réfléchir à plein de sujets du business plan en cours.

En utilisant le projet comme projet de travail, comme business case. On avait un an de préparation quand c'était un projet de création d'entreprise scolaire. Et encore un an où c'était notre mémoire. Pendant cette année-là, on a eu le temps de se poser sur les financements, on a cherché des fournisseurs, des partenaires. 

À ce moment-là, vous étiez encore en master 2 ? 

Oui, exactement. Avec notre école, on avait beaucoup de cours par rapport à la création d'entreprise. C'est comme ça qu'on a pensé à se rapprocher de France Active, Haute Seine Initiative plutôt. Pour obtenir un prêt d'honneur qui nous a permis d'acheter un camion d'occasion. C'était le plus gros investissement à faire au début avec l'achat du stock initial.

C'est à peu près 25 000 euros. On a eu la chance d'avoir nos parents qui ont avancé l'argent en attendant d'avoir les prêts. Parce qu'en fait, ça prend quand même beaucoup de temps d'avoir les prêts.

Est-ce que votre entourage était sceptique parce que vous étiez jeunes ? Ou est-ce qu'il vous a soutenu, encouragé ?

Hyper derrière nous. La preuve, ils nous ont avancé l'argent le temps qu'on a eu nos prêts. Je pense qu'ils avaient confiance. Parce qu'il fallait qu'on les rembourse derrière quand même. On avait le soutien financier de nos parents, mais au-delà de ça, on avait aussi le soutien moral de notre famille, de nos amis qui étaient présents au premier événement, l'événement de lancement. On a vraiment eu un grand soutien. Ils nous ont aidé à aménager le camion... 

Vous aviez quel âge au lancement ? 

23 ans.  

Est-ce que l'aspect responsabilité environnementale était indispensable au moment où vous avez décidé de vous lancer dans cette aventure ? Était-il clair pour vous que vous alliez suivre une voie responsable dès le départ, ou cela a-t-il nécessité une réflexion particulière ? 

Ce projet est né d’une problématique : Comment proposer une alternative à la fast fashion, aux jeunes et pour les jeunes ?

Les jeunes qui sont les plus grands consommateurs de fast fashion, parce que ce n'est pas cher et que c'est tendance. Et donc, notre objectif principal, c'était d'apporter une alternative. Donc, oui, la responsabilité environnementale, c'était le premier problème auquel on voulait répondre. 

D'où le fait d'être présent à la sortie des écoles. C'est tout votre positionnement.

Comme on a la chance d'aller sur les campus, ça nous tenait à cœur de sensibiliser les étudiants des campus sur lesquels on allait. C'est quelque chose qu'on proposait de faire, des petites tables rondes autour de l'impact de la mode, avec les étudiants.

Mais ce n'est pas quelque chose qui leur a beaucoup plu. Ou alors, ça leur plaisait, mais ce n'était pas forcément des choses qu'ils avaient envie de mettre en place.

Même en plus de la mise en place, les associations qui les mettaient en place, il n'y avait pas d'étudiants qui venaient à ces tables rondes. Ce n'était pas la priorité des élèves d'aller à ce genre d'événements. Ce qui est dommage, parce que les peu qu'on ait fait, avec les peu d'étudiants qu'il y avait, il y en avait beaucoup qui n'étaient pas conscients de l'impact de la chine, de plein d'impacts différents.

Quels étaient les freins que vous avez rencontrés ? On parle d'un camion itinérant, au départ, il y a des autorisations à demander. Est-ce que ça a été un frein, une contrainte importante, ces demandes d'autorisation ? Est-ce qu'il y en a eu d'autres ? 

Les plus gros défis qu'on a eu et qu'on n'a toujours pas relevés, c'est réussir à avoir une autorisation de la mairie de Paris pour poser le camion sur une place, dans une rue, n'importe où dans Paris. Et ça, ce n'est pas quelque chose qu'on avait anticipé.

Et on a abandonné parce qu'il y avait trop d'efforts en termes de paperasse à faire et que des refus. 

Donc vous restez en dehors de Paris ?

 En dehors de Paris, on va sur les lieux plutôt privés, au final. 

Est-ce que vous pouvez nous en citer quelques-uns des lieux ?

La Rotonde, dans le 19ème. Après, s'il y a quand même deux villes où on arrive à aller, c'est à Montreuil. C'est vraiment une ville qui bouge beaucoup du côté environnemental, économie circulaire. Donc c'est grâce à ça qu'ils acceptent qu'on vienne une fois par mois.

Et après, il y a Nanterre. Ils étaient super contents de soutenir notre projet envers les étudiants, et un projet un petit peu original comme ça. Et du coup, ils nous ont donné une autorisation pour être à la sortie du campus de l'université de Nanterre.

Il y avait aussi la mairie d'Orsay, l'année dernière. On a arrêté parce que la place où on était est en travaux. 

Et vous mettez bien sûr à jour tous vos déplacements sur vos réseaux sociaux, et c'est comme ça qu'on peut vous suivre.

On va peut-être passer, pour vraiment rentrer dans les coulisses de l'activité, à la journée type, mais j'ai envie de dire au mois type pour commencer. Parce que maintenant, vous alternez itinérance et commerce physique. Comment ça se passe sur le mois ?

Sur le mois, on a tout le temps la boutique ouverte 6 jours sur 7, donc du mardi au dimanche. Donc déjà, ça occupe beaucoup de notre temps. Après, on est toutes seules dans la boutique, on n'est pas toutes les deux. Donc quand il y en a une qui est à la boutique, l'autre va chiner, fait des laveries.

Il y a aussi une partie prospection aussi pour trouver les campus où on se rend, trouver les événements avec qui on va travailler, où on va placer le camion.

On a aussi une alternante. Et du coup, il y a une grosse partie communication pour Cécilia et Hermine. On a en ce moment 2 ou 3 journées sur un campus ou sur une place, sur Montreuil ou Nanterre, par semaine, en plus de la boutique.

Et l'été, vous faites des festivals ou pas ? 

À partir de mai, avec les open airs qui reviennent, c'est un rythme qui s'intensifie un peu plus. Là, je pense qu'on va dire au revoir à nos week-ends. Mais après, on va partir sur la route des festivals. On n'a pas encore l'itinéraire en tête. On est bretonnes d'origine. L'été dernier, on était rentrées en Bretagne. On ne sait pas s'ils vont le faire cette année ou pas.‍

Comment se passe le sourcing de ces super beaux produits d'occasion ?

C'est la question que tout le monde nous pose. Il y a une grande partie qu'on récupère chez un grossiste seconde main. Il y a une partie aussi qu'on récupère au relais parce qu'on a un partenariat avec le relais.

On a des fois des gens qui nous font des dons de vêtements. Ces dons-là, on les apporte directement au relais quand on va chiner chez eux. Après, il y a une autre partie qu'on chine dans les brocantes, Emmaüs, ressourceries et les placards des grands-parents.

Ça nous arrive d'avoir des grandes tantes qui nous donnent des vêtements. 

Est-ce que vous avez des critères de sélection pour essayer de créer des ensembles qui matchent ? Ou vous dites juste qu'on accepte tout et après on fait le match et on conseille ? 

Nous, on chine beaucoup ce qui nous plaît. Ensuite, l'adn de Rolling fripe, c'est vraiment d'essayer d'avoir une sélection qui traverse les époques. Des années 70 jusqu'à aujourd'hui pour que chacun puisse trouver son bonheur.

Parce qu'on sait que dans la friperie et dans le vintage, tout le monde ne s'y retrouve pas. Le vintage, c'est quand même assez particulier parfois. Les coupes ne sont pas tout le temps habituelles. Pour nous, c'est vraiment important de pouvoir proposer des vêtements qui aillent à tout le monde parce que c'est ça la vraie alternative à la fast fashion. Sinon, le critère de sélection, c'est l'état en général.

Quelle qualité requiert votre métier ? Il y en a plusieurs puisque vous faites plein de choses. Vous faites de la communication, de la vente... Si vous avez des conseils à donner ?

Il faut de la motivation, de la détermination et après en qualité, être rigoureuse, il ne faut pas être lente. On a beaucoup de choses à faire donc il faut plutôt être efficace. Et puis après, savoir se retourner aussi. Essayer de trouver des solutions à tous les problèmes qui se posent. Des plans B, des plans C, être agile. Essayer de se renouveler quand ça ne va pas. Essayer de reprendre du recul, prendre de la perspective. 

Ça vous a beaucoup apporté d'être deux ? De vous être associées ? 

Tout le monde nous le dit. Dans les autres camarades de fripes qu'on rencontre qui sont seules, c'est sûr qu'on a une grande chance d'être toutes les deux. Du coup, ce côté complémentaire est nécessaire. On aurait jamais réussi seul. 

Le statut que vous avez choisi, c'est le statut de la SARL. C'était difficile comme choix ?

Oui, c'était un peu compliqué. On avait des propositions. Tout le monde nous donnait des conseils différents. C'est assez classique. On était super perdus.

Au final, le statut associatif, on l'a écarté parce qu'on se disait qu'on est quand même une entreprise, on va vendre des choses, donc c'est compliqué. Après, avec du recul, peut-être qu'on se dit qu'on aurait dû être en associatif parce que ça aurait été plus simple d'aller sur les campus étudiants parce qu'avec un statut d'entreprise, les campus étudiants sont difficilement accessibles et certaines mairies aussi. La SAS, on n'a jamais vraiment trop hésité parce qu'on ne voulait pas tellement ouvrir le capital. On savait d'emblée qu'on n'avait pas envie d'investisseurs extérieurs.

Quels sont les produits dont vous êtes les plus fiers ou les concepts ? Je vois qu'il y a une très belle malle à l'entrée où il y a des articles à prix libre et c'est au client de déterminer son prix. 

Pour être transparente, ce n'est pas notre idée de base. Mais on l'a empruntée à des collègues de la frip qui avaient fait ça. C'était plutôt de la fast fashion qu'elles avaient et c'était pour un peu faire une petite braderie.

Elles avaient mis tout à prix libre. Et c'était un concept qu'on avait trouvé super chouette. Au début, on avait un bac à 3 euros.

Finalement, on a changé par ça parce que c'est plus sympa. Ça donne un petit concept. Et les clients sont toujours assez étonnés de voir ça. Ça les amuse beaucoup de fixer eux-mêmes le prix. Ça enclenche aussi une discussion avec le client en général.

Je vois que vous faites un petit partenariat aussi avec des bijoux recyclés ?

Ils ne sont pas recyclés mais sont faits à la main par Handcycling Lab.

Handcycling Lab, à côté de ses boucles d'oreilles, elle fait de l'upcycling sur des ensembles de tailleurs, des chemises. Elle fait ses propres chouchous à partir des chutes de tissu. Et en plus, elle propose ses boucles d'oreilles qu'elle fait main. Elles sont très chouettes. Elles sont très belles et plaisent beaucoup aussi. 

Est-ce qu'il y a d'autres partenariats que vous voulez faire ou que vous avez déjà fait par le passé ?

On a un partenariat en ce moment avec un graphiste qui partage nos bureaux. On a nos locaux avec Plateaux Urbains dans le bâtiment Atlas à Asnières. Et un des graphistes, qui a aussi un bureau là-bas, a réalisé des t-shirts avec un ami à lui qui est sérigraphiste. Et ça s'appelle « Le chat qui fait peur ». C'est des t-shirts qu'on a chinés pour lui, enfin, pour eux. Il me semble que c'est Théo qui a fait le dessin. et c'est Benoît qui a fait la sérigraphie.

Ça a marché ? 

Ça fonctionne. Petit à petit, on est contentes de pouvoir lui donner un petit emplacement dans notre boutique et de l'aider. 

Si vous aviez des conseils à donner que vous auriez souhaité avoir aux entrepreneurs qui se lancent, quels seraient-ils ? 

On ne nous a pas appris grand-chose sur le fait que l'entrepreneuriat grignotait sur la vie personnelle. On nous demandait de faire des plans à 5 ans, des business plans souvent. Mais on aurait aimé qu'on nous dise qu'il y a un vrai mélange vie-perso-vie-pro dans l'entrepreneuriat et qu'il faut intégrer les deux dans les décisions stratégiques.

On est ravi des choix que l’on a fait, mais l'équilibre reste difficile à trouver, surtout quand l'activité grignote sur les week-ends et qu'on a 25 ans.

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