🎙️ Dans ce nouvel épisode d'À vous le Micro-Commerce, en part à la rencontre de Myriam Panou Auger, fondatrice de L'Atelier d'Afro-Dyte, un atelier parisien dédié aux cosmétiques naturels et à l'art de la saponification à froid 🧼🌿
Pensé comme une alternative saine et durable aux produits conventionnels, L'Atelier d'Afro-Dyte propose des ateliers immersifs où Myriam transmet une méthode ancestrale de fabrication de savons, respectueuse des ingrédients et de l'environnement.
Dans cet épisode, elle revient sur son parcours, les défis du lancement, ses choix de création… et ses conseils pour entreprendre avec cohérence, précision et engagement 💬
Bonjour et bienvenue à tous les curieux qui souhaitent découvrir des récits inspirants d’hommes et de femmes entrepreneurs. Vous êtes ici sur le podcast « À vous le micro-commerce » de la plateforme microco.com. Chaque mois, nous entrons dans les coulisses d’un entrepreneur pour explorer son parcours, son activité, ses freins, ses ambitions et ses fiertés.
Aujourd’hui, nous rencontrons Myriam de L’Atelier d’Afro-Dyte. Elle crée des savons artisanaux, des cosmétiques et des soins-crèmes. C’est parti !
Bonjour Myriam.
Myriam :
Bonjour.
Bienvenue, et merci de nous recevoir ce matin chez Altavia.
Myriam :
Merci pour l’invitation.
Tu as créé L’Atelier d’Afro-Dyte, où tu conçois des savons solides et des cosmétiques. Avant de parler de ton activité, j’aimerais savoir : qui se cache derrière Myriam ?
Myriam :
Je suis avant tout une artisane. Je ne l’ai pas toujours été : c’est une vocation qui est arrivée plus tard dans ma vie, mais qui est liée à une passion d’enfance.
Tu fabriquais déjà des choses quand tu étais enfant ?
Myriam :
Oui, j’avais une véritable attirance pour la chimie. J’aurais aimé intégrer une grande école de chimie, ce que j’ai finalement fait plus tard.
Quel a été ton parcours avant de créer L’Atelier d’Afro-Dyte ?
Myriam :
Je viens d’une famille d’artistes. Mon père est metteur en scène de théâtre et de cinéma, et également slameur. J’ai grandi dans un univers très créatif, entre l’image, la musique, les couleurs et l’art. Mes origines béninoises ont aussi beaucoup influencé cette sensibilité.
J’ai d’abord travaillé dans l’audiovisuel pendant une dizaine d’années comme technicienne, assistante monteuse et assistante opérateur film. Puis, avec l’envie d’une vie de famille plus stable, j’ai quitté l’intermittence pour me tourner vers le commerce et la vente.
C’est à ce moment-là que j’ai rencontré une pétrochimiste. Je voulais commercialiser en France une crème éthiopienne très efficace contre les rides, mais elle était trop odorante et trop grasse pour le marché français. En discutant avec elle, elle m’a finalement inscrite à un atelier de cosmétiques… et ça a été le déclic.
C’est donc cet atelier qui a déclenché la suite ?
Myriam :
Exactement. Mais la création de L’Atelier d’Afro-Dyte ne s’est pas faite du jour au lendemain. Il m’a fallu environ cinq ans de recherches, d’expérimentations et de formations avant de lancer réellement l’activité.
Par quoi as-tu commencé ?
Myriam :
Par une crème hydratante, une émulsion à base d’huile d’avocat. Je la fabriquais pour mes proches et mon entourage. Ensuite, j’ai voulu aller plus loin et me former davantage pour développer de véritables produits cosmétiques.
Tu fabriquais déjà ces produits chez toi ?
Myriam :
Pour la crème, oui. Mais pour les savons, non. La fabrication est très réglementée et nécessite de respecter des bonnes pratiques de fabrication. J’ai donc un laboratoire dédié où je crée mes savons.
Aujourd’hui, cela fait combien de temps que l’atelier existe ?
Myriam :
Deux ans.
Et tu fais partie de la première promotion de la boutique Small is Big aux Puces de Saint-Ouen. Comment se développe ton activité aujourd’hui ?
Myriam :
Je propose plusieurs produits, mais aussi des ateliers d’immersion pour adultes. Le dimanche matin, les participants viennent partager un petit déjeuner avant de descendre au laboratoire pour fabriquer leur savon, notamment un savon composé à 65 % de beurre de karité.
Dans mon espace, je produis mes savons et j’ai également une petite boutique, même si je ne l’exploite pas encore totalement.
Certaines personnes hésitent à passer du gel douche au savon solide. Que leur réponds-tu ?
Myriam :
En France, nous sommes très habitués au gel douche, alors que dans d’autres pays comme l’Allemagne ou l’Angleterre, le savon solide est déjà très répandu.
C’est pourtant un produit écoresponsable, zéro déchet et écologique. Je travaille avec la technique de saponification à froid, qui préserve les propriétés des huiles et des beurres utilisés.
Mes formulations sont très simples : trois ou quatre ingrédients seulement. Cela garantit un produit hydratant, sain et transparent dans sa composition.
Nous sommes déjà labellisés Nouvelle Cosmétique Bio – Fabriqué à Paris, et nous travaillons avec des ingrédients certifiés Cosmo.
Justement, comment se passe le sourcing des matières premières ?
Myriam :
Je tiens à utiliser des matières biologiques et labellisées. Aujourd’hui, je passe par un laboratoire qui regroupe différentes huiles et beurres.
À long terme, j’aimerais aller chercher ces matières directement à la source, notamment en Afrique. J’ai déjà effectué des recherches au Bénin auprès d’agriculteurs et de coopératives, mais les certifications bio restent coûteuses pour les producteurs locaux.
Comment as-tu commencé à vendre tes produits ?
Myriam :
Principalement sur les marchés et lors de salons, notamment pendant les périodes de Noël ou l’été. Je vends aussi sur le marché de la Porte de Vincennes, près de la Porte Dorée, le mercredi et le samedi matin.
Le marché est une excellente école pour apprendre à vendre et rencontrer les clients.
Tu as également un e-shop ?
Myriam :
Oui, il est très récent. Il a fallu du temps pour trouver les bons partenaires pour le développer. Il existe depuis deux mois et fonctionne déjà très bien.
Nous allons maintenant travailler davantage notre visibilité sur les réseaux sociaux pour diriger les clients vers la boutique en ligne.
As-tu été accompagnée dans ton parcours entrepreneurial ?
Myriam :
Oui, notamment par l’ADIE. J’ai suivi plusieurs modules et une formation d’un mois et demi à l’entrepreneuriat, avec une certification Qualiopi.
J’ai également suivi une formation spécifique pour devenir savonnière-entrepreneuse. Ces accompagnements ont été très précieux, notamment pour rompre la solitude de l’entrepreneuriat.
Quels sont tes projets pour 2026 ?
Myriam :
Faire connaître davantage la marque et expliquer les bienfaits du savon. Mon produit est particulièrement hydratant et convient très bien aux peaux sèches ou aux peaux métissées et noires, qui nécessitent une hydratation importante.
J’ai aussi développé un coffret homme, notamment pour le rasage.
Que proposes-tu pour le rasage ?
Myriam :
Une mousse de rasage naturelle utilisée avec un blaireau. Elle est formulée avec du miel et de l’argile, ce qui permet d’éviter le feu du rasoir tout en hydratant la peau.
Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans un projet similaire ?
Myriam :
Même avec des formations, la réalité du terrain est très différente. Il faut bien préparer son projet, anticiper tous les détails et être vigilant dans le choix de ses collaborateurs.
Par exemple, il est important de bien encadrer les contrats avec les prestataires, comme les graphistes.
Quel a été ton plus grand défi ?
Myriam :
Le démarrage, notamment les travaux du local. Quand les travaux prennent du retard alors que les charges continuent, cela peut devenir très stressant.
Mais une fois tout en place, c’est une immense satisfaction.
As-tu trouvé ton équilibre aujourd’hui ?
Myriam :
Pas encore totalement. Entre les marchés, la boutique, la production et les ateliers, l’organisation est encore en évolution. C’est aussi pour cela que je veux développer davantage l’e-shop.
Donc l’objectif pour 2026 : booster la boutique en ligne !
Myriam :
Exactement.
Merci beaucoup Myriam. On peut te retrouver sur Instagram et sur ton site.
Myriam :
Oui, nous avons ouvert un nouveau compte Instagram : Atelier d’Afro-Dyte et notre e-shop est disponible sur latelierdafrodyte.com.
Merci beaucoup Myriam. Merci à tous.
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